Oscar Schindler est né le 28 avril 1908 à Zwittau en Tchécoslovaquie. Il est le fils de Hans Schindler d'origine autrichienne et Louise une fervante catholique. Il se marie à Emilie qui est d'origine paysanne mais les deux familles respectives y sont opposées. Il fait son service militaire puis revient à Zwittau. Il restera fidèle à son épouse malgré une relation instable.
En 1935, il est salarié dans son entreprise familiale mais elle fait faillite. Il sera alors directeur des ventes dans une usine de Brno
(1) et adhère au Parti allemand des Sudètes
(2).
En 1938, les Sudètes sont envahis par les allemands donc la Bohème-Moravie
(3) devient donc un protectorat germanique.
En octobre 1939, la Pologne est envahit par les allemands et Schindler arrive à Cracovie dans les fourgons de troupes allemandes. Il pense qu'il pourra devenir chef d'entreprise car Cracovie comporte des lignes de chemins de fer.
Oscar jette son dévolu sur la Compagnie Rekord (4, rue Lipowa à Zablocie). La compagnie fabrique des ustensiles de cuisine comme les casseroles. Cette entreprise employée environ 45 ouvriers mais les paiements cessent car des machines sont séquestrées.
Il trouve des investisseurs juifs malgré leur désarroi par le directeur administratif de la Rekord : Abraham Bankier.
En 1940, arrivent les premières commandes militaires donc l'entreprise s'agrandit, il y a un achat de nouvelles machines et l'engagement de nouveaux employés.
En été 1940, la D.E.F (la Deutshe Emailwaren Fabrik) de Schindler travaille jour et nuit avec le concours de 250 salariés polonais.
Schindler, à la demande de ses amis de l'Inspection, fabrique des obus antichars dans une partie de l'usine. Il recrute des travailleurs juifs car le comptable Itzhak Stern lui a demandé. Il commence les recrutements par l'entremise d'Abraham Bankier et contrôlé par le bureau du placement de la Judenrat
(4).
Les travailleurs juifs n'ont pas de salaires mais le quartier général de SS de Cracovie reçoit 7,5 Reichsmark par jour et par travailleur qualifié.
Schindler assure à ses employés qu'ils seront à l'abri, dans l'usine, des persécutions de la Gestapo
(5) et qu'ils survivront à la guerre. Schindler est arrêté par la Gestapo car ils ont été au courant de ses arrangements et trafics mais il sera relâché grâce à sa secrétaire mais aussi petite amie, Victoria Klonowska. Le jour de ses 34 ans soit le 28 avril 1942, il est arrêté par la Gestapo car il est accusé de violer les lois raciales en embrassant innocemment une adolescente juive mais sera relâché sur le champs grâce à plusieurs notables qui étaient ses amis.
Schindler reussit à sauver douze de ses employés promis a la mort lorsque les procédures antisémites se multiplient. En Octobre 1942, Schindler prend le risque d'intervenir lors d'une nouvelle déportation afin de maintenir en place son équipe de nuit. Grace au dentiste viennois Sedlacek, il reçoit des fonds qu'il fait parvenir à des organisations de résistance.
Le commandant du camp de travaux forcés de Plaszow
(6) propose aux industriels allemands d'installer leurs usines dans l'enceinte du camp mais Schindler soutient que les machines de son entreprise ne peuvent pas être déplacées sans dommage ni pertes de temps. Par contre, il rachète à un vieux couple, un terrain dont il en fait un camp annexe en gage de sa bonne volonté. Il prend en charge les frais d'installations qui s'élèvent à 300 000 Reichsmarks
(7) comme les baraquements. Le projet est tout de suite accepté par les autorités. Un atelier sera construit pour la fabrication des marmites et un autre pour les obus.
En maintenant les gardes SS et ukrainiennes à l'extérieur de son usine, Schindler protège son personnel : il leur permet d'avoir une meilleure alimentation qu'à Plaszow, il fait attention à leur santé en écartant tous risques de Typhus. Bien que les journées de travail soient longues, personne ne mourra d'épuisement dans son usine.
Durant l'été 1944, le haut commandement ordonne que Plaszow soit désaffecté ainsi, les employés de Schindler doivent se rendre dans un autre camp : celui de Gross-Rosen.
Schindler conçoit alors un plan aussi habile qu'audacieux pour sauver " ses " Juifs. Il propose de démanteler l'usine et de la transférer en Tchécoslovaquie où il réinstallera ses ouvriers qualifiés. Il contacte et persuade Erich Lange à Berlin qui lui garantit de nouveaux contrats. Le site de la nouvelle entreprise sera à Brinnlitz à proximité de Zwittau.
Le 15 octobre 1944, environ 800 hommes du recensement de Schindler quittent Plaszow pour Brinnlitz puis 300 femmes les rejoindront après avoir quitté Auschwitz.
A la demande du commandant de Gross-Rossen, Brinnlitz sera équipé au frais de Schindler qui déboursera chaque jour 7,5 Reichsmark pour les ouvriers « hautement qualifiés » et 6 pour les autres.
La DEF avait produit pour 16 millions de Reichsmarks d'ustensiles de cuisine et de matériel militaire alors que l'usine de Brinnlitz ne fabriquera aucun obus fonctionnel. Schindler arrêtera ses productions afin de contribuer à la défaite allemande. La production sera donc répartie entre plusieurs usines pour plus de sécurité. Schindler continuera en bernant les délégués de l'inspection en leur offrant du cognac, des cigarettes et des repas pantagruélique où l'alcool coule à flot. Pour continuer son action, Schindler fera l'innocent et dénoncera ses fournisseurs durant sept mois.
Partageant à nouveau sa vie, Emilie l'aidera à veiller davantage sur l'hygiène de son personnel. Durant l'hiver 1944-1945, Schindler accueille des anciens détenus d'Auschwitz dans les usines de Moravie et à Brinnlitz où ils seront soignés.
Face aux pressions de plus en plus fortes des russes, l'Allemagne est contrainte de se replier en effaçant toutes les traces de ses crimes. Liepold veut envoyer les plus valides au camp de Mauthausen et exécuter les autres. Schindler réagira et dénoncera les excès et les beuveries de Liepold, au prés de Hassebroeck. Le 28 avril, Schindler fait part à ses employés de l'effondrement de la tyrannie et son intention de rester a Brinnlitz jusqu'à la fin des combats.
Signé le 7 mai 1945, Schindler incite ses employés à faire profil bas et ceux-ci partent. Après avoir remis à ses ouvriers des manteaux, chaussures et lainages stockés à leur intention, Schindler revêt une tenue de prisonnier de Brinnlitz et part avec Emilie. Huit volontaires l'accompagnent dans un camion chargé de nourriture, d'alcool et de cigarettes. Trois jours plus tard, un officier russe vient libérer Brinnlilz. Pendant ce temps, Schindler et sa suite gagnent successivement Linz, puis Nuremberg et Constance où ils sont remis aux autorités françaises. Après sept jours d'interrogatoire, les Français apprennent leur véritable identité, et leur étonnante odyssée. Pendant ce temps, les russes prennent l'usine de Brinnlitz et les Tchèques prennes les bijoux de Schindler. Celui-ci sera ruiné mais il pourra compté sur l'aide de ses employés qu'il considère comme sa famille, restés en Pologne.
En 1949, l'organisation de secours international juif l'aidera en lui faisant un don de 15 000 $. Cela lui permettra de partir en Argentine avec Emilie et quelques familles juives. Ils vivront dans une ferme près de Buenos Aires où il élèvera des animaux mais fera faillite en 1957. Il ira alors, accompagné d'Emilie vivre dans une maison de banlieue procurée par l'organisation juive B'nai B'rith
(8).
Schindler retourne seul à Francfortt où il achète une fabrique de ciment grâce aux dons de la Commission d'entraide et des anciens de Brinnlitz mais l'usine sera mise en liquidation en 1961.
Apprenant ses ennuis, les "Schindlerjuden" d'Israël l'invitent dans leur nouvelle patrie où il reçoit un accueil triomphal. A la demande d'Itzhak Stern
(9), Jakob Sternberg
(10) et Moshe Beijski
(11), le conseil d'administration de Yad Vashem
(12) examine le dossier Schindler et reconnaît officiellement sa courageuse action en faveur des Juifs. La ville de Tel Aviv
(13) lui rend un hommage solennel pour son cinquante-troisième anniversaire en apposant, dans le Parc des Héros une plaque attestant qu'il a sauvé de la mort 1 200 prisonniers. Dix jours plus tard, Schindler recevra à Jérusalem le titre de "Juste"
(14). Il plantera un arbre à son nom dans l'Allée des Justes qui mène au mémorial de Yad Vashem.
Schindler, triste et démuni, ira vivre à Francfort où il passera du temps chez les survivants de Brinnlitz qui l'aideront moralement et financièrement.
Des amis à Schindler harcèleront le gourvernement allemand pour qu'il lui verse une pension. Le président Adenauer
(15) lui remet la Croix du mérite, et à partir de juillet 1968, Schindler recevra une pension mensuelle de 200 marks. Il sera employé par ses amis allemands de l'Université hébraïque où il collectera des fonds auprès de donateurs ouest-allemands et créera un programme d'échanges entre jeunes israéliens et allemands.
En 1972, des anciens de Brinnlitz feront un don de 120 000 $ afin qu'un étage du Centre de recherches Truman de l'université Hébraïque lui soit dédié. De plus, une salle de lecture abritera un "Livre de la vie" retraçant sa conduite et citant les noms de tous ceux qu'il a secourus.
Le 9 octobre 1974, Oskar Schindler meurt d'astériosclérose à Francfort. Il sera enterré au cimetière orthodoxe de Jérusalem où de nombreux « Schindlerjuden » sont venus lui rendre un dernier hommage.
La tombe de Schindler à Jérusalem
LEXIQUE:
1Ville principale de la Moravie
2 Région polono-tchèque annexée par l'Allemagne en 1938
3 Région formant la principale composante de la République Tchèque avec la Moravie
4 Conseil juif dirigé par des notables juifs pour que les allemands envoient les juifs vers les camps
5 Police secrète d'etat allemande qui traquait les juifs et les résistants en Allemangne
6 Camp de concentration
7 Monnaie allemande à l'époque
8 Organisation juive
9Comptable de Schindler
10 Businessman
11 Président de "Yad Vashem"
12 Fondation à Jérusalem qui essaie de redonner une identité aux juifs et justes décédés
13 Capitale actuelle d'Israel
14 Personne qui hébergeait secrètement des juifs au péril de sa vie
15 Chancelier Ouest Allemand
SOURCES:
http://www.jesuismort.com/biographie_celebrite_chercher/biographie-oscar_schindler-1551.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Oskar_Schindler
http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/biography/schindler.html
http://www.ushmm.org/wlc/en/article.php?ModuleId=10005787
Je me présente, je m’appelle Oscar Schindler et je vais vous raconter comment j’ai réussi à sauver des juifs durant la Seconde Guerre Mondiale. Tout d’abord, en octobre 1939, j’ai acheté la Compagnie Rekord et suite à la demande d’Itzak Stern, j’ai recruté des travailleurs juifs qui au début, n’étaient pas rémunérés. Je leur ai promis de les protéger de la guerre, des maladies et de les nourrir. Cependant la Gestapo, au courant de mes actes, m’a arrêté. En 1942, j’ai réussi à sauver 12 juifs promis à la mort. Ensuite, en octobre de cette même année, j’ai pris la responsabilité d’intervenir lors d’une nouvelle déportation afin de maintenir mon équipe de nuit. J’ai reçu de l’argent que j’ai donné à des organisations de résistance pour aider les juifs. J’ai maintenu les gardes SS et ukrainiens hors de mon usine afin de protéger mon personnel et de ce fait, il n’y eu aucun mort au sein de mon entreprise. Le haut commandement a ordonné que le camp de Plaszow soit désaffecté afin que l’on se rende à Gross Rosen en été 1944. J’ai tellement voulu sauver « mes » juifs que j’ai transféré mon usine à Brinnlitz et 800 hommes de mon personnel ont quitté Plaszow pour Brinnlitz ainsi que 300 femmes qui nous ont rejoints. Pour pouvoir échapper aux Russes, avec 8 de mes employés volontaires, nous nous sommes fait passer pour des prisonniers de Brinnlitz, puis nous sommes montés dans un camion chargé de nourriture, de tabac et d’alcool.
Pour finir, je peux vous dire qu’à la fin de la guerre, j’ai gardé des liens très forts avec certains de mes employés que je considère maintenant comme ma famille.