Echange Franco-Polonais

3.2 - Les justes français

Publié le jeudi 28 juin 2012 09:04 - Mis à jour le jeudi 28 juin 2012 09:25

Les justes français

 

 

"Et je leurs donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés"

La Thora, Isaïe 56-5

I. Quelle est l'origine de cette expression?

Dans la tradition du judaïsme, la plupart des préceptes et obligations contenus dans la Torah ou dans ses commentaires s’imposent seulement aux Juifs. Ces obligations sont détaillées dans les 613 commandements (mitzvot) du judaïsme orthodoxe.

Les non-Juifs ont à suivre des principes éthiques moins détaillés. Au sens large, tout non-Juif qui observe les « Sept commandements » est reconnu en tant que « juste » (en hébreu Tsaddik) et est assuré d’une récompense divine. Par exemple, dans les écritures juives, Job (personnage commun aux trois religions abahamiques) représente l'archétype du Juste dont la foi est mise à l'épreuve par Satan, avec la permission de Dieu, tout comme Melchisédech (énigmatique personnage biblique, son nom est symbolique, roi de justice, comme son titre de roi de Salem, paix)  tous deux des Gentils.

D’après la Halakha, les sept catégories d’obligations divines incombant aux non-Juifs sont :

  1. Reconnaître un seul Dieu, créateur du monde
  2. Ne pas blasphémer contre Lui
  3. Instaurer des cours de Justice dans la société qui garantissent la moralité publique
  4. Ne pas commettre de meurtre
  5. Ne pas commettre de vol
  6. Ne pas commettre d’adultère
  7. Ne pas consommer le membre d’un animal vivant (et d’une manière plus large ne pas faire souffrir les animaux).

D’autres normes sont considérées par les rabbins comme importantes mais seules ces Sept Lois, supposées avoir été édictées au temps de Noé par Dieu pour toute l’Humanité, sont impératives.

D’après l’enseignement rabbinique, les sociétés qui s’écartent délibérément de ces prescriptions ne survivront pas comme le montre l’épisode biblique de Sodome et Gomorrhe. Chaque société n’est ainsi maintenue par Dieu que pour le Bien des « Justes » vivant en son sein. Le terme désigne strictement à l’origine les non-Juifs craignant Dieu comme dans le Midrash où il est fait référence à de rares « Justes » qui prient l’Éternel. L’usage du terme devient d’un emploi plus fréquent dans la littérature médiévale où sont désignés ainsi tous ceux qui font preuve de bienveillance à l’égard des Juifs. Le Zohar qualifie ainsi tout non-Juif qui se comporte avec justice

 

II. Quelle définition peut-on en faire?

On appelle "les Justes", les personnes ayant cachés, protégés ou bien aidés à s'enfuir gratuitement et au péril de leur vie des Juifs durant la Shoah entre 1943 et 1945. L'expression "Juste parmi les nations", littéralement " généreux des nations du monde" est une expression du Judaisme tirée du Talmud. En 1953, l'assemblée législative de l'Etat d'Israel (la Knesset), en même temps qu'eele créait le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem consacré aux victomes de la Shoah, décida d'honnorer "les Justes parmi les nations qui ont mis leur vies en dangers our sauver des Juifs" Le titre de Justes est décerné au nom de l'Etat d'Israel par le Mémorial du Yad Vashem. Au 1er janvier 2007, 22 765 Justes parmi les nations de 410 pays onr été honorés.

 

III. Combien dénombre t-on  de "Justes" en Françe?

La France compte 3 158 justes pour 23 226 dans le monde.

 

Avec ce graphique, nous remarquons l'augmentation du nombre de justes reconnus après le génocide. C'est entre les années 1990 et 2000 que ce nombre a été le plus conséquent.

Grâce au site internet du Yad Vashem, nous avons pu retrouver les justes de notre région ou même de notre département. Parmi eux, Couairon Maurice, issu de la ville d'Auch dans le Gers, département du  Midi-Pyrénées.

Maurice Couairon:

Il est né le 4 avril 1913 à Lectoure, un petit village du Gers.

Chef des Renseignements Généraux d’Auch, le commissaire Maurice Couairon sauva des juifs, tels les Wittmann, comme il l’avait fait dans son affectation antérieure à Paray-le-Monial, à Marseille ou en région parisienne. Il avait sauvé la famille Hahn. Il allait même jusqu’à accompagner les personnes au train et vérifiait leur bonne arrivée et assurait leur suivi. Il travaillait aussi pour le groupe Morhange, permettant l’élimination de plusieurs traîtres.

 

 Ci contre, une photographie de Maurice Couairon, de son épouse ainsi que de leurs deux enfants.                                        

 

 

Voici le diplome que lui a adressé le Yad Vashem.

 

 

Maurice Couairon, en tenue de Général.

 

  Maurice Couairon fait donc partie des Justes qui s'engagèrent pour la cause des juifs en décidant de leur venir en aide. Cependant, nombreuses furent les méthodes mises en oeuvres afin de leur apporter de l'aide.


IV. Quelles furent les dispositions prises afin de sauver les juifs?

En effet, ces Justes leur sont venus en aide par exemple en les cachant dans de vieille maisons en ruine à l'extèrieur du village où ils résidaient, en leur procurant de faux papiers d'identité, passeports, visas ou encore logements, en les faisant passer par un membre de leur famille, en les déguisant au mieux pour qu'ils ne risque pas d'être démasqués par les Allemands, en les confiant à des couvents afin qu'ils puisse continuer leur études, en organisant de nombreux raiseaux d'évasion, en leur donnant à manger, de l'argent, des vêtements.

Quelques méthodes simples mais efficaces qui ont permises de sauver la vie de nombreux juifs.


V. Comment à t-on rendu hommage aux "Justes parmi les nations"?

Un monument des Justes parmi les nations de France a été inauguré par le Président de la République française, Jacques Chirac le 2 novembre 1997 dans la clairière de la forêt domaniale du Château de Ripaille, sur la commune de Thonon-les-Bains en Haute-Savoie.

Le 18 janvier 2007, Jacques Chirac et Simone Veil, présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et ancienne déportée, ont inauguré une inscription dans la crypte du Panthéon de Paris en présence de nombreuses personnalités dont le prix Nobel de la paix Elie Wiesel. Il s’agit de rendre hommage aux « Justes de France » et aux héros anonymes qui ont sauvés des milliers de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce titre a été décerné à cette date à 2 725 Français dont 240 sont encore en vie. Plusieurs dossiers sont en cours d’instruction. À cette occasion, le Président de la République prononce un discours rappelant le refus de l’indifférence et de l’aveuglement face à l’attitude haineuse et revancharde du Régime de Vichy.

 

On peut lire sur la plaque le texte suivant :

« Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d’occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s’éteindre. Nommés « Justes parmi les nations » ou restés anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvé des Juifs des persécutions antisémites et des camps d’extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l’honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d’humanité. »

Cette cérémonie fait suite à la déclaration du 16 juillet 1995 au Vélodrome d’Hiver dans laquelle le Président Chirac disait : "La folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l'Etat Français" , reconnaissant ainsi le rôle de l’administration française dans la déportation des Juifs en France. La cérémonie suivait aussi l’instauration en 2000 de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France le 16 juillet de chaque année en commémoration de la rafle du Vélodrome d'Hiver le 16 juillet 1942.

    Cérémonie au Panthénon de Paris le 18 janvier 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

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