3.3 - Marcel Rajman : La vie d'un membre de l'Affiche Rouge
Publié le jeudi 28 juin 2012 09:06 - Mis à jour le jeudi 28 juin 2012 09:25
L'Affiche Rouge.
Contexte : Seconde Guerre Mondiale
- L'Affiche Rouge est une organisation « criminelle » ( d'après les collaborateurs et les Allemands) qui organise des attentats contre les Allemands envahisseurs:
- ex: Déraillement de trains, assassinat de S.S
- Représailles de la part des S.S, qui éliminent des otages civils.
Travail sur un jeune membre de l'Affiche Rouge: Marcel Rajman, dit Simon Maujean, est né le 1er mai 1923 à Varsovie et est décédé le 21 février 1944.
Il fût fusillé au fort du Mont-Valérien. Il était Juif et s'engagea comme volontaire dans l'armée française de libération FTP-MOI (= Francs-Tireurs et Partisans - Main d'oeuvre immigrée) .
Il fût également membre du Groupe Manouchian, et plus spécialement chef du groupe d'action très actif « Stalingrad ».
Marcel Rajman naît le 1er mai 1923 à Varsovie. Il vient en France avec ses parents à l'âge de huit ans. À dix ans, il entre aux Pionniers et au club sportif ouvrier Yask. Rattrapant son retard, il étudie et passe son brevet élémentaire à quinze ans. Il commence à travailler avec ses parents, comme ouvrier tricoteur.
Dès que les premiers groupes des J.C (Jeunesses Communistes) se réforment, il y adhère sans hésiter et milite activement jusqu'au début de l'année 1942.
Il participe à des manifestations illégales, des collages d'affiches, papillons, etc. Il devient responsable des J.C. du XIe arrondissement.
En 1942, il demande à entrer au deuxième détachement juif FTP. Accepté, il se distingue aussitôt par son courage et son intelligence. Il est nommé moniteur pour entraîner les nouveaux combattants. Lorsque le groupe tchèque des FTP se forme, il y est envoyé pour leur enseigner l'art militaire des partisans. Il y parvient et la première action contre les Allemands au Pont des Arts fait beaucoup de bruit.
La première action de Missak Manouchian, à Levallois, est faite sous la direction de Marcel Rajman.
Le 3 juin 1942, devant le 17 rue Mirabeau à Paris, XVIe arrondissement, Marcel Rajman et Ernest Blankopf lancent des grenades sur un car de la Kriegsmarine. Les Allemands ripostent sévèrement. Marcel Rajman est recherché par toutes les polices.
Il parvient à s'échapper, mais Ernest Blankopf, grièvement blessé, préfère se tirer la dernière balle de son pistolet dans la tête plutôt que d'être pris.
Durant l'été 1943, les FTP-MOI décident d'abattre le commandant du Grand Paris, le général Von Schaumburg, signataire des affiches placardées dans Paris annonçant l'exécution des résistants. Le service de Renseignement de la FTP MOI repère un officier très galonné. Il va quotidiennement se promener à cheval au Bois de Boulogne, escorté de 2 gardes. Après sa promenade, il remonte l'avenue Raphaël et entre dans la cour d'un luxueux hôtel, avant de reprendre sa voiture de fonction qui le conduit à l'hôtel Meurice. L'itinéraire étant toujours le même, Marcel Rajman, Raymond Kojiski et Léo Kneller décident d'agir. Le 28 juillet 1943, les trois hommes attaquent la voiture en lançant une grenade et parviennent à s'enfuir. Mais la cible est manquée... et de plus, ce n'était pas le commandant du Grand Paris qui se trouvait dans la voiture ce jour-là, mais le lieutenant colonel Moritz von Maliber et un membre de son état major.
En Juillet et Août 1943, les Brigades Spéciales n° 2 des Renseignements généraux concentrent leur efforts sur les "terroristes" de la MOI. Marcel Rajman, responsable du groupe des dérailleurs (de trains) et de l'exécution, Missak Manouchian, chef militaire, et Léo Kneller, combattant très aguerri, sont les plus recherchés.
Début Août 1943, Lajb Goldberg, farouche partisan depuis juillet 1942 (ses parents ont été raflés) est identifié et suivi jusqu'au 9 bis passage de Stinville. Il ressort accompagné de Marcel Rajman, suivi par l'inspecteur Constant des RG.
À la fin de l'été, presque tous les combattants de la MOI sont repérés.
Le service de renseignement FTP-MOI avait remarqué des renforcement des mesures de sécurité rue Saint-Dominique, à Paris. Une grosse Mercedes garnie sur les ailes de fanions à croix gammée, pénétrait régulièrement dans la cour de la Maison de la Chimie et un dignitaire nazi en descendait. Après quatre mois de filatures, la direction militaire de la MOI avise Marcel Rajman, Léo Kneler et Celestino Alfonso de préparer un plan d'attaque contre ce dignitaire. L'opération est placée sous l'autorité de Missak Manouchian, responsable militaire des FTP-MOI, depuis fin aout 1943.
Le 28 septembre 1943, à 8h30, la Mercedes stationne quelques minutes avant d'emporter son passager. Celestino Alfonso tire sur l'officier SS quand il monte en voiture. Les vitres amortissent les balles. L'homme est blessé ; il tente de fuir par la portière opposée, mais Marcel Rajman l'achève de trois balles. C'est par la presse allemande que les combattants apprennent l'identité du personnage : il s'agit de Julius Ritter, responsable du STO en France. La dénonciation en première page de cet "acte abominable" et les obsèques officielles en l'Église de la Madeleine donnent plus d'éclat encore à l'opération.
Marcel Rajman est arrêté par les Brigades Spéciales le 16 novembre 1943 à un rendez-vous avec Olga Bancic-Zvec. Il est inculpé dans le procès des 23 FTP-Immigrés qui se déroule les 17 et 18 février 1944. Il est l'un des dix représentés sur l'Affiche rouge placardée dans tout Paris. Le tribunal militaire allemand le condamne à mort. Il est fusillé au fort du mont Valérien le 21 février 1944 avec 21 membres du groupe Manouchian.
Sources:
LOURTIES Quentin
CAO-RIGUET Léo
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- Dossiers élèves